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22 janvier

Les transports en commun - Final Part

 
 
Ouf ! Ma semaine de formation s'est enfin achevée ! Pour beaucoup, cela peut paraître ridicule cette angoisse de prendre le métro. C'est vrai que des milliers de gens le prennent chaque jour sans aucun problème et j'admire leur courage d'ailleurs. Mais ce sont ces milliers de gens que je retrouve dans le métro qui me gênent...
 
J'ai une tendance agoraphobe, je ne supporte pas la foule. Je n'ai jamais été à un concert à cause de la foule, ca m'effraie trop. D'ailleurs lorsque j'étais à La Défense, il y avait le super centre commercial "Les 4 temps" juste à coté et j'y allais juste pour me prendre un sandwich. Je ressortais bien vite sur le parvis là ou il y avait moins de monde. J'aurais pu faire les boutiques, les soldes etc. mais il y avait trop de gens et je préférais rester dehors.
 
Voilà pourquoi cette semaine de RER a été un vrai supplice et c'était comme une sorte de thérapie d'en parler sur mon blog. J'ai bien essayé d'en parler autour de moi mais à part quelqu'un qui a le meme problème, personne ne peut réellement comprendre ce que cela me fait. Toute la semaine, je me réveillais plusieurs fois par nuit à cause de l'angoisse que j'avais et le matin, bien que j'ai réglé mon alarme la veille, je me réveillais bien avant l'heure prévue.
 
Mes deux derniers jours de RER se sont passés comme tous les autres... Train plein à craquer, aggripée à la barre durant tout le trajet, serrée, bousculée, toisée. On se demande comment il est possible, parmi autant de gens, de se sentir si seule...
 
En tout cas, pour moi c'est fini et c'est avec un grand bonheur que ce matin, j'ai repris ma bonne vieille caisse pour me retaper mes bons vieux embouteillages. J'ai repris le même chemin que je faisais à pied et je me revoyais la semaine dernière le descendre pour aller m'étouffer pendant 45 mn sous terre.
 
C'est vrai que l'on n'apprécie le bonheur que lorsqu'on le perd. La formule est peut être forte mais personne n'était dans ma tête cette semaine.
 
J'ai vraiment apprécié ce retour à la normale et, ce qui était rare depuis des mois, j'étais de bonne humeur pour un lundi ;o)
 
J'ai eu une pensée toute la journée pour tous ces gens qui se tapent les transports en commun quotidiennement et qui n'ont pas le choix, comme moi, de prendre leur voiture pour se rendre à leur boulot et JE LES PLAINS !!!
 
Je ne reprendrais pas le métro avant longtemps ou alors à des heures creuses.
 
Tout une histoire pour une semaine de RER est certainement ridicule aux yeux de beaucoup de gens mais je me fous de leur jugement. Chacun ses peurs et ses angoisses.
 
Amitiés à Bezout et merci pour tes encouragements :o)
 
 
17 janvier

Les transports en commun - Part 3

 
 
Les journées se suivent et ne se ressemblent pas, heureusement. Malgré ce maudit RER, j'ai presque passé une bonne journée.
 
Troisième Matin :
 
Pendant que je me hâte vers la gare, je profite de mes derniers moments d'air frais et pollué avant mon apnée de 45mn.
 
Sur le quai, beaucoup de monde. J'avais espéré qu'un mercredi aurait vidé le quai mais il n'en est rien. Un premier train se présente et il est plein à craquer. Je commence à avoir chaud. D'ailleurs depuis lundi, chaque jour je me suis habillée plus léger encore, mais rien n'y fait, dans ce maudit RER, je crève de chaud... Promis demain j'y vais en bikini.
 
Le train part, me laissant sur le quai, je n'ai pas pu monter. Le deuxième arrive, les gens à l'intérieur semblent moins serrés. Je tente ma chance et me fais une petite place dans le compartiment.
 
Le train repart, m'emportant avec lui. Je voyage debout, cramponnée à la barre. A chaque station, des gens rentrent et sortent me bousculant au passage. Résignée comme eux, je ne réagis plus, j'attends ma station et le temps me semble très long.
 
La Défense, je suis enfin arrivée. Comme d'habitude, je me hâte vers la sortie salvatrice. Ma bouffée d'air frais et me voilà revigorée. Ce soir est encore loin...
 
Troisième Soir :
 
Il fait nuit et tous les gratte-ciels de La Défense sont illuminés, le spectacle est très beau mais je ne m'attarde pas. Une fois de plus, je m'engouffre dans la gare. Tout en descendant les escalators, je me demande ce qui va m'arriver encore aujourd'hui.
 
Arrivée sur le quai, un train est là. Des gens se pressent çà et là, mais par rapport aux autres jours, je pourrais presque dire qu'il n'y a personne. Je scrute les compartiments, les gens sont debouts mais pas coincés, je décide de monter. Je fais tout le parcours tête basse, quelques rapides coups d'oeil de temps en temps au sosie d'Emmanuel Chain à ma gauche. Le fracas d'un autre RER croisant notre route me fait sursauter violemment, j'ai une bouffée de chaleur, l'homme en face de moi esquisse un sourire moqueur.
 
Ca y est, je suis arrivée. Dehors il pleut un peu, il fait bon, j'allume une clope. Ouf c'est terminé pour aujourd'hui !
 
Mais demain me fait déjà peur...

Les transports en commun - Part 2

 
 
Deuxième Matin :
 
J'ai mal dormi. A partir de 4h18, je me suis réveillée toutes les demi-heures. Une nouvelle journée dans le RER s'annonce et je suis stressée.
 
Suite à mes différents problèmes rencontrés hier matin, j'étais bien décidée à partir plus tot. Finalement, après avoir bien trainé, rechignant inconsciemment (mais un petit peu consciemment aussi) à y aller, je suis partie à la meme heure qu'hier matin.
 
Mes fameuses 15 mn de marche rapide dans les jambes, me voilà sur le quai, bien décidée à affronter la bête humaine. Du monde, beaucoup de monde mais bizarrement le train entrant en gare, j'ai pu m'apercevoir qu'il n'était pas complètement plein et je me glisse à l'intérieur.
 
Ayant réussi à saisir la barre pour m'y tenir, je suis rejetée en arrière par une masse humaine se précipitant à ma suite. Le train redémarre et je suis donc au milieu de cette faune, uniquement tenue par les "corps" qui m'entourent. Tous plus grands que moi, je ne vois que des épaules, ca tombe bien, je n'aime pas "leurs visages". Devant moi, une femme entre deux âges réussit à sortir son livre (pas un livre de poche) et lit sereinement sans se soucier de la place prise par son maudit bouquin. Bousculée à maintes reprises, serrée, secouée par les mouvements du train, j'ai chaud. Ma main n'est pas dans ma poche et pourtant, je mets plusieurs secondes à l'extirper afin d'atteindre ma joue qui me démange atrocement.
 
Mon voyage se déroule sans encombres, si je puis dire, et j'arrive enfin à La Défense.
 
Tout comme hier, lorsque je parviens à la sortie, je suis accueillie par une bouffée d'air frais qui me réchauffe le coeur. Et tout comme hier, c'est à cet instant précis que je me sens revivre, comme si j'avais arrêté de respirer pendant 45mn.
 
Deuxième Soir :
 
Mon expérience du matin ayant été moins pénible que la veille, c'est presque sans regret que je me dirige vers la bête. Le quai est bien sur, noir de monde, un train y attend tranquillement ses voyageurs. Les premiers compartiments étant pleins, je tente ma chance plus loin. Je trouve enfin ce que je cherche et je monte dans le train. Je suis presque contente, je peux atteindre la barre pour me tenir.
 
J'attends maintenant que les portes se referment. Rien ne bouge. Les gens arrivent en masse de partout, une vraie marée humaine. Le train ne bouge toujours pas... Une voix : "En raison d'un incident voyageur Gare de Lyon, le trafic est fortement perturbé".
 
Arghhh, je savais bien que ma pseudo allégresse ne durerait pas. J'avais réussi à finir pas trop tard (17h), à trouver un compartiment pas trop bondé et une barre ou m'aggriper.
 
Tête basse, je n'ai pas envie de "les" regarder et l'attente dure depuis plusieurs minutes déjà. Ne tenant plus et ayant besoin d'air, je ressors du train. Sur le quai, deux hommes parlent et l'un dit "la dernière fois que ca m'est arrivé, je suis resté bloqué de 17h à 20h, le temps que la police vienne ramasser les morceaux".
 
Pourquoi fallait-il qu'un blaireau se suicide sur "MA" ligne juste la semaine ou je "LA" prends !!!
 
Ma seule échappatoire, le métro !! Me revoilà dans ce flot humain qui se précipite vers le métro, je les suis, ils sont "de la maison". Sur le quai du métro, arrive un train. Il est vide, pas comme le quai hélas qui fourmille de monde.
 
Une fois de plus, je me retrouve encerclée et prise au piège. Mon téléphone vibre dans mon sac, la femme qui me collait s'écarte un peu de moi. Une pensée me vient à l'esprit : elle croit peut être que je me trimballe avec un godmichet dans le sac et que je suis en train de prendre mon pied !!!! Pfffff
 
Mon calvaire durera 1h avec un nombre incalculable de stations. Je me suis presque fait toute la ligne 1 du métro. Je descends à Nation pour rattraper mon maudit RER et me sortir de cet enfer. Je n'arrête pas de me répéter dans la tête : plus que 2 stations, plus que 2 stations, plus que 2 stations.
 
Je descends enfin du train, sur le quai, une jeune fille fait un malaise, elle est bien entourée, je m'éclipse, il faut que je sorte, que je respire.
 
Ahhhh, ma grande bouffée d'air frais pollué ! Mon Dieu que c'est bon !
 
Tout peut m'arriver, je m'en fous, je m'en suis sortie encore une fois !
 
Encore 3 jours...
16 janvier

Les transports en commun - Part 1

 
 
ahhhhhhhhh !!! Prenez les transports en commun disent-ils !!! Mais tous ces beaux parleurs le prennent-ils quotidiennement ???
 
Mais que non !! Taxi, voiture de fonction, chauffeur, voilà leur quotidien à eux !! Nous, les pauvres gens, le bas peuple, la classe moyenne, les prenont leurs fameux transports en commun ! Commun ? ah çà oui ! On partage tout : la toux du voisin de droite, les cheveux pelliculeux de celle de devant, le livre de celle de gauche, l'haleine de celui de derrière...
 
Aie aie aie... en formation une semaine à la Défense, je souffre le martyr...
 
Voici donc les tribulations de LoLo dans le Métro !!!
 
Premier Matin :
 
Le RER est à environ 1km de chez moi, je pourrais prendre le bus pour y descendre mais j'ai plus vite fait de descendre à pied. Me voilà bien courageuse et après 15mn de marche rapide, j'arrive en sueur (bah oui déjà) sur le quai ou se pressent des centaines de gens. Déjà pour descendre les escaliers menant au quai, je manque de me faire renverser plusieurs fois. Les gens courrent dans tous les sens, je les regarde effarée.
 
Le premier train entre en gare, les vitres sont noires, bizarre... Je mets quelques secondes avant de m'apercevoir que les vitres sont bien transparentes mais que le noir que je vois, ce sont tous ces gens collés et pressés les uns contre les autres. J'essaie tant bien que mal de me mettre sur la pointe des pieds pour voir s'il reste une place, impossible de m'approcher des portes du train, les gens courrent et me bousculent pour monter dans le train. Là ou je ne vois aucun interstice me permettant de me glisser dans ce maudit train que je dois prendre absolumment, eux voient une brèche et s'y engouffrent d'un grand coup d'épaule. Les portes se referment sur eux, fiers d'avoir réussis là ou j'ai échoué lamentablement.
 
Deuxième train vite annoncé, là aussi vitres noires, les visages des voyageurs ne font qu'un. Meme regard vide, meme regard d'envie d'être ailleurs, meme regard de résignation. Je n'en reviens pas. J'observe, sur quelle planète suis-je ? je découvre un monde dont je soupconnais l'existence mais dont je n'avais pas idée. Encore une fois, impossible pour moi d'entrer dans ce piège à rats.
 
Je m'impatiente, l'heure tourne, les gens arrivent toujours plus nombreux et je finis par me demander si je pourrais monter dans un des wagons.
 
Troisième train :noir, j'abandonne l'idée d'y monter...
 
Je désespère... J'aimerais trouver une excuse pour ne pas y aller. Rien à faire, je n'en ai pas, je dois y aller !
 
Quatrième train, c'est décidé, celui-ci sera le bon, il le faut ! J'ai de la chance, il est moins bondé, j'arrive à m'y glisser, blottie dans un petit recoin, la main aggripée à la barre. Le train redémarre et me voilà partie pour 45 minutes de trajet. Serrée, bousculée, des souffles fétides dans mon nez, le regard n'osant se poser sur aucun visage. Je me sens mal, tous ces gens m'étouffent et leurs regards me gênent. Le temps semble si long, ballotée par les secousses du RER lancé à pleine vitesse. Par deux fois, pour une raison inconnue, il s'arrête plusieurs longues minutes entre deux stations. Mon calvaire ne finira jamais... J'ai envie de revoir le ciel.
 
J'arrive enfin à destination : La Défense ! Jetée par le mouvement de foule hors du train, entraînée bien malgré moi vers la sortie, je cherche mon chemin, un peu désemparée. Tous ces gens, hommes d'affaires, secrétaires etc. semblent tellement savoir ou ils vont. Je me sens étrangère, je pense à la chanson de Sting : I'm an english man in New York. Attentive à chaque panneau m'indiquant la sortie, je sors enfin à l'air libre. Je prends une grande bouffée d'air frais et me dis que le paradis ne peut pas être mieux que ca. Je suis sur le Parvis de la Défense, noir de monde. Des gens s'entrecroisent et partent dans tous les sens, je repère enfin l'endroit ou je vais faire ma formation. Me voilà arrrivée à bon port, tremblante et suante.
 
Premier Soir :
 
Je n'ai pas osé y penser toute la journée mais le moment tant redouté arrive : je dois reprendre ce maudit train pour rentrer chez moi. J'ai tout revu dans ma tete, je n'ai pas le choix, je dois prendre le RER.
 
Il est 17h30, il fait nuit et La Défense est magnifique, tous ces gratte-ciels illuminés : magique. Je prends quelques photos mais je ne peux plus reculer devant l'échéance, je dois de nouveau m'engouffrer sous la terre.
 
Quatre escalators plus bas, me voilà sur le quai. Mauvaise heure, beaucoup de monde. Un train approche, je crains le pire. Bonne surprise, il n'est pas plein à craquer et j'y monte sans encombres. Quelques stations plus loin, je peux meme m'asseoir.
 
Le train va vite, très vite et fait un boucan du diable. Et s'il déraillait ? Je regarde autour de moi, scrutant les visages à la recherche d'un signe d'inquiétude mais rien, les regards sont absents. Je me sens bête mais j'ai peur quand meme et ma hâte d'arriver ne fait que croître au fur et à mesure que le train prend de la vitesse. Il ne déraille pas et me dépose bien vivante à ma station. A la sortie, pour la deuxième fois de la journée, je respire avec bonheur l'air frais et pollué de la ville. Le paradis existe !